Le truc moche avec la guerre, c’est pas qu’on en meurt, c’est qu’on peut en vivre. J’connais des types, des vrais raclures quand j’y pense, qui vivent de la guerre. Sans la guerre, y’ sont plus rien, leurs existences n’a plus aucun fond’ment.
Faut être un enfoiré d’première pour s’élever dans le sang, la douleur et la mort, voire d’se réjouir d’la situation, ou pire encore, d’la provoquer. Z’imaginez déjà rien qu’le pauv’ bonhomme qui refourgue des munitions à prix d’or, c’qui doit avoir dans le ciboulot ? Alors z’imaginez celui qui donne les ordres, et celui qui les exécute ? Un mec comme ça, y’ doit avoir des morts sur la conscience, et pas qu’un seul. Si ça s’trouve, y’ prend même du plaisir à tuer, à prendre une vie qu’est même pas à lui.
A l’époque où qu’l'Humanité était encore le cancer de la Terre (elle doit remercier les homards tous les jours celle-là), on s’racontait des histoires pour s’faire flipper. Des créatures de la nuit qui v’naient sucer l’sang en croquant l’cou des jolies nanas, des vampires qu’on disait. Ces mecs dont j’vous parle, y sont pareils en fait. Ils prennent la vie des autres pour alimenter la leur. Des vampires, j’vous dis. C’est quoi l’emploi du temps d’un vampire d’aujourd’hui ?
Y’ s’lève à l’aube sur un coup d’clairon, si sa chambre n’a pas explosé dans la nuit. Voilà l’patron qui faut saluer, qui lui-même va saluer son patron, et ça remonte comme-ça jusqu’au super patron, l’équivalent du vampire originel en gros. Ensuite il astique son arme, il s’entraine, il traine dans la boue, jusqu’à c’qu’il soit assez fort pour traquer sa proie. Comme un vampire mange des rats avant d’arriver à s’faire un humain. Ensuite c’est la traque, l’adrénaline, le plaisir d’la chasse. Les réflexes sont là, l’entrain’ment porte ses fruits. La proie est à portée, elle est bien choisie. Isolée, affaiblie, elle est prête. Le chasseur frappe. Mission de destruction, d’assassinat, de reconnaissance…
V’savez pas quoi ? Cette enflure, en fait, c’est tout moi.



