
Jouer avec la vie. N’est-ce pas une phrase terrifiante ? Un jouet, n’est-ce pas quelque chose que l’on manipule, que l’on prend, que l’on utilise et que l’on jette à volonté ? Une vie, aussi douloureuse et ennuyante soit-elle, n’est-elle pas la seule dont on dispose ? Trop de questions, trop de philosophie et pas assez d’actes. Je reprends ma vie en main, et j’emporte au passage celles des autres. Je ne suis pas un tueur, un meurtrier, un assassin, quelque soit le mot, peu importe. J’ai tué, déjà. Pourtant, je n’ai pas les capacités physiques, l’entrainement, les ressources nécessaires pour prendre des vies au delà de l’exception. J’ai mieux. Une personne morte ne ressent plus rien, ne sert plus à rien et n’est plus qu’un vide dans l’existence d’une autre personne encore vivante. J’emporte la vie des autres avec moi, mais ne la leurs retire pas. Duplication. Je sens déjà mon sang bouillir d’excitation à cette idée horrible. Quel pire cauchemar que de se retrouver face à soi-même, un double, pour finalement ne plus savoir lequel est l’original ? Les créatures supposées intelligentes, dont je fais malgré moi partie, sont toutes narcissiques. Tout le monde s’idéalise. Mais si un jour vous aviez en face de vous, vous-même ? Quelle insoutenable vérité à affronter… Le travaille est colossal, mais n’est rien face à ma haine du vivant. Je pourrais bien cesser de vivre, mais je n’arrêterai pas la Vie. C’est donc une option à écarter. J’ai gardé quelques contacts de mes anciens réseaux, des ingénieurs capables de construire les plus oniriques des machines. Je vais aussi avoir besoin de cobayes pour expérimenter les techniques avant d’appliquer le projet à plus grande échelle. Recueillir de l’A.D.N. est facile, le traiter, l’interpréter, le comprendre et le reformer l’est déjà moins. J’y arriverais pourtant, chacun devant bien trouver de quoi occuper son existence. J’ai trouvé une nouvelle voie pour la mienne. J’ai une tâche à accomplir avant de retourner poussière vers les étoiles. Dupliquer le vivant. Non par amour mais par haine. Confronter la vie à la vie jusqu’à son asphyxie totale. Du fond du coeur.


