(25.02.04) Ce récit a remporté le premier prix d’un concours organisé par UbiSoft.
Lot : Morrowind version “jeu de l’année” en français (avec toutes les extensions, = Morrowind GOTY VF)
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- Sa’Uel Lu’Iee, du loup au loup -
Originaire d’une glaciale contrée, foyer des Nords, Sa’Uel Lu’Iee a tôt fait l’apprentissage de la chasse et de la survie en milieu hostile. D’un caractère aussi froid et sec que le climat qui baigne ses terres, il est rapidement mis à l’écart du Clan et connait bien vite les tourments de la solitude. Ne pouvant compter plus que sur lui-même, il passe maître dans la traque au loup. Il survit des années durant, heureux d’être tellement proche de la nature, de dormir dehors sur un lit de branchage par des températures agressives, de manger la viande cru de l’ours et du loup.
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Arrive un jour où se présente à lui un homme en armure scintillante, le glaive au foureau, la tête haute et la langue arrogante. Il dit être percepteur de l’Empereur et que tout civil doit s’acquitter de son dû, au nom de l’Empire. Sa’Uel comprend les mots de l’étranger, mais n’arrive pas à articuler autre chose qu’un grognement menaçant. Après des années de silence, il n’est plus capable de parler clairement. Voyant en cela une offense à l’Empereur, l’Impérial se retourne pour appeler ses hommes tout en portant la main à son glaive. Tel l’animal prit au piège, Sa’Uel bondit et brise le coup du garde en un mouvement violent. Quatre soldats arrivent à ce moment et se ruent sur le sauvage, l’assomant de la garde de leurs glaives et couvrant son corps de coups terribles.
Ensanglanté, ligoté, Sa’Uel n’est qu’à demi-conscient lorsqu’il est jeté dans la calle du navire Impérial. Passé aux fers et torturé tout le voyage, il ne doit sa vie qu’à une lettre étrange d’un homme mystérieux. Ayant suffisament d’autorité pour commander à un navire Impérial, la lettre ordonne de livré la cargaison dans une petite ville côtière. C’est à se moment là que tout commence vraiment…
C’est couvert de vilaines cicatrices que le prisonnier descend du navire. Eblouï par la vive lumière du jour, il titube et tombe à terre. Les deux soldats qui l’escortent ne manquent pas de s’approcher pour le frapper, mais Sa’Uel leur fait le déplaisir de se relever avant. Il en sera quitte pour un coup de coude à la nuque. Rageant de ne pouvoir se défendre, le Nord cache sa colère et suit docilement ses bourreaux jusqu’au batiment au bout du quai. Un vieil homme lui explique alors qu’il a ordre de se rendre à Balmora et d’entrer en contact avec un certain Caïus Cosade. On lui ote ses fers et le vieux annonce qu’il est libre, libre de suivre les ordres de l’Empire.
L’homme est épuisé, seul, bléssé. Il s’engage dans la seule ruelle de Seyda Neen et constate rapidement qu’ici, personne ne lui sera secourable. Tout autours, des marais, des cris d’animaux, des craquements inquiètants. Ce sera un parfait refuge le temps de panser les plaies. Longeant la côte en direction du Nord-Ouest, Sa’Uel s’enfonce de plus en plus dans les marais, et fini par trouver une sorte de caveau ancien, cellé d’une vieille porte de bois qui s’ouvre sous quelques coups d’épaule. A l’interieur, malgré l’air rance et la poussière suffocante, il y trouve un peu de nourriture et de vieilles pièces d’armures, ainsi qu’une hachette au manche abscent. Tout en retravaillant son arme, il imagine déjà retrouver ses terres enneigées. Et passer le tranchant de sa hache au travers de la gorge de ces aggresseurs…
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Marchant plusieurs jours en suivant la côté, Sa’Uel a déjà affronter de terribles créatures, kagouti, nix-hound, et autre alit, ainsi que d’inombrables rapaces, toujours aggressifs mais ne sachant visiblement pas reconnaitre une cibe trop puissante pour eux… Il découvre de nombreux caveaux et autres donjons, refuges des parias de Tamriel, et sa résistance naturelle l’aide à venir à bout de nombreux adversaires. Le paysage change, et bientôt c’est une nature plus clémante qui s’offre au vagabond. Une herbe verte etde la nourriture en abondance permettent à Sa’Uel de chasser d’imposants animaux sauvages et de récupérer les matières necessaires à la confection d’un équipement digne d’un aventurier. De simple prisonnier, il est maintenant arrivé à être un explorateur capable, et reprend confiance en son avenir.
De longues semaines, puis des mois, passent. Abandonnant toute idée de vengeance, Sa’Uel est persuadé que c’est le destin qui l’a fait venir dans ces contrées lointaines. Mais pour quel destin ? Malgré de nombreuses discutions avec les habitants des différentes villes de l’île, il ne ressort que mystères et légendes, on parle de l’Etranger, de Nerevar, l’on à peur des hommes-loups, que l’on dit capable d’emprunter la forme animale la nuit venue, et de dévorer femmes et enfants. C’est au nord de Morrowind, dans un village de pêcheurs, que la rumeur concernant ces bêtes est plus précise. Un Khajiit, une race à la fois humaine et féline, se propose pour un voyage vers Solstheim. Apprenant que cette petite île est très proche de son pays d’origine, autant par son climat que par son style sauvage, Sa’Uel accepte de s’y rendre.
Accueillie froidement par des gardes en alerte, le Nord passe les jours qui suivent à explorer cette île. Ours énormes, meutes de loups, tribus de berserkers, neige et blizzard font de cet endroit un lieu plaisant aux yeux de Sa’Uel, alors que n’importe quel habitant de Morrowind serait certainement déjà mort de froid ou… de peur. Quelque chose le poussait en avant, lui commandait de continuer son exploration. Quelque chose l’attendait, il en était certain.
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Un grognement sourd en pleine nuit réveille Sa’Uel. Il transpire et son bras gauche le fait atrocement souffrir. Il découvre une plaie, ou plutôt une morsure, terriblement profonde. Il ne peut plus bouger la main, et la douleur le paralise. Cherchant ses pierres pour allumer un feu, il apperçoit une inquiètante silhouette qui semble l’observer. Il tente de se lever, mais la douleur gagne tout son corps. Il se cambre soudain, puis s’éffondre. Un liquide mélant du sang et des poils s’échappe de sa bouche, et sa nuque manque de se briser dans un sursaut incontroler. Mais l’homme est fort, en bonne santé, et il met toute la volonté possible à ne pas succomber à la mort. Il hurle alors à l’instant où sa colonne vertébrale se disloque et change de forme, puis il s’évanouïe et se relève aussitôt à cause de la douleur provoquée par la poussée brutale de griffes assérées à la place de ses ongles. L’esprit confus, la chose qui est en train de naitre lève la tête vers les étoiles pour contempler les deux lunes. D’un jaune paisible, la plus grande des deux a l’air de fuir devant la plus petite, plus rouge que le plus pur des sangs.
Ainsi, tel était son destin. Il avait toujours vécu en loup, libre et sauvage. A présent, Sa’Uel allait alimenter les légendes parlant d’hommes capable de prendre la forme de la bête.

Des légendes, vraiment ?